
Ça siffle, ça bourdonne, ça tape, ça tinte, ça sonne dans les oreilles...
Ce sont les acouphènes. Un mal qui commence par des bruits dans l’oreille et qui, devenu chronique, finit par envahir tout le domaine de la perception.
Et pourtant, les acouphènes chroniques ne sont pas à proprement parler une maladie de l’oreille, mais plutôt un défaut de traitement des signaux acoustiques par le cerveau.
L’objectif d’une thérapie sera, par conséquent, un filtrage par le cerveau de la perception des bruits indésirables, en d’autres termes, de ramener le système acoustique sur le chemin de la perception normale.
Cet objectif est aujourd’hui réalisable grâce à la combinaison de méthodes thérapeutiques et de technologie moderne. Comment vous y prendre. Vous l’apprendrez ici...
Les acouphènes sont des bruits qui peuvent revêtir les formes les plus diverses. Le phénomène se passe apparemment dans l’oreille en l’absence de toute excitation externe.
L’oreille ne reçoit pas de stimulation acoustique, mais entend constamment des bruits gênants - un cycle infernal s’amorce dans la tête de la victime...
’Acouphènes’ est le terme médical employé pour désigner la perception de bruits qui ne peuvent être attribués à aucune source de bruit externe. Ces bruits sont variés : ce sont des tintements, des sifflements, des bourdonnements, de légers bruissements.
Enfin, ils peuvent forcer l’attention au point où ils finissent par dominer toute la perception. Un état qui restreint considérablement le bien-être et la qualité de vie des personnes concernées.
On parle ici d’acouphènes décompensés.
De nombreux indices permettent de situer effectivement dans l’oreille (cochlée) l’origine de la plupart des bourdonnements d’oreille. A un moment quelconque, une information erronée part de la cochlée, transite par le système auditif avant d’arriver au cerveau où elle déclenchée une boucle d’audition de bruits qui sont effectivement produits dans le cerveau. Pourtant, cette boucle se désamorce rapidement si l’information qui l’a déclenché est de courte durée.
Mais si l’information dure, ou si la boucle centrale est constamment resollicitée, celle-ci peut devenir autonome par un effet de contre-réactions internes. Elle continue à fonctionner, même si le cerveau ne reçoit plus de signal erroné. Différents centres du cerveau participent à ce traitement indu, notamment le "système limbique" qui est le siège de notre monde affectif.
Le seul centre de la perception des acouphènes étant finalement le cerveau, on parle de "bourdonnements d’oreille centralisés".
Relevons à ce propos l’expérience faite sur des personnes normalement entendantes placées dans une chambre insonorisée.
Au bout d’un certain temps, ces personnes ont développé des acouphènes. Il semble donc que les acouphènes
soient la résultante d’une activité fondamentale de notre système auditif qui passe normalement inaperçue à cause du très faible niveau auquel elle se situe.
Ce n’est que lorsque les acouphènes attirent notre "attention acoustique", qu’ils deviennent un problème.
Lorsqu’on parle d’acouphènes chroniques, on pourrait dire qu’il s’agit, du moins en partie, d’une sorte de trouble de la perception ou de surinterprétation dans le cerveau. C’est du moins l’avis qui prédomine actuellement dans
le milieu médical. Ce qui suit est un cercle infernal.
Le cerveau reçoit chaque seconde une foule d’impressions de nos organes sensoriels, impressions trop nombreuses pour qu’il puisse les traiter toutes. Il est donc obligé de filtrer. Normalement, ce filtrage lui permet de distinguer entre les excitations importantes et celles qui ne le sont pas. Les excitations sans importance sont reléguées à un niveau de traitement inférieur, en-dessous du seuil de perception. Vous connaissez de nombreux exemples d’excitations de cette catégorie : le tic-tac de l’horloge, le grattement d’un pull que vous portez pour la première fois, le ronronnement du réfrigérateur.
A leur première apparition, le cerveau les perçoit consciemment, puis il les range parmi les impressions insignifiantes et dès lors s’interdit leur perception. Le tic-tac de l’horloge n’atteint plus l’horizon de notre conscience. Toutefois, la perception consciente peut être réactivée - si vous voulez, vous pouvez à tout moment vous mettre à l’écoute du ronronnement du réfrigérateur et du tic-tac de l’horloge.
Cette capacité de traiter les excitations nous a été donnée par la nature et elle est significative. Entendre son propre bruit de déglutition ou un bruit de fond monotone ne nous apporte rien au plan de la survie.
Par contre, entendre le craquement d’une branche dans la forêt, qui est également un bruit faible, peut être important pour déceler la présence d’un danger. Il s’agit donc d’évaluer les signaux dans le sens d’une stratégie efficace pour la survie. Ce n’est pas pour rien que l’audition est un processus foncièrement émotionnel. Si nous ne connaissons pas un signal qui apparaît pour la première fois, nous lui accordons une grande valeur et réagissons le plus souvent par la peur et la tension comme préparatifs à une réaction de fuite.
De même pour les acouphènes. Leur première apparition est presque toujours soudaine et coïncide souvent avec une situation particulière de stress et de tension (d’où le sens de l’expression "...rebattre les oreilles" !) Vous ne pouvez pas vous expliquer ce bruit, ceux qui sont autour de vous ne peuvent pas l’entendre. Votre réaction, c’est la peur - peut-être accompagnée de ressentiment, car les acouphènes vous enlèvent votre "droit au silence". C’est pourquoi, comme sensation, les acouphènes ont d’emblée une coloration négative.
Vous commencez à les épier, vous voulez savoir s’ils sont encore là, s’ils sont devenus plus forts. Vous consultez un médecin ou demandez à des amis. Peut-être vous dit-on "...il n’y a rien à faire", ... ce sont des signes avant-coureurs d’un infarctus cardiaque ou d’une embolie cérébrale" ou quelque chose de ce genre. Ces réponses vous agressent ou renforcent vos angoisses et vos préoccupations, car elles n’offrent pas de voies de salut. A vous la tension sans solution, le stress négatif. Vous vous concentrez de plus en plus sur le bruit dans vos oreilles. Le cercle infernal se ferme.
On compare parfois les acouphènes à une douleur fantôme. Parfois, on évoque aussi la peur des araignées ou "arachnophobie". Alors que rares sont ceux qui peuvent s’imaginer une douleur fantôme (comme ceux à qui on a amputé une jambe et qui sentent une douleur dans la jambe qu’ils ont perdue), nous avons tous une idée de l’arachnophobie. Cette peur n’a pas non plus de relation avec l’impulsion "objective" (nous sommes plus grands
qu’une araignée et elle ne peut rien nous faire), nous l’acquérons (souvent dans l’enfance à cause des taquineries des aînés) et elle peut croître avec le temps. Les arachnophobies ne sont pas rares, pas plus que les acouphènes. Pour certains, cette phobie va jusqu’à envahir et gâcher leur existence.
Les acouphènes ne sont pas une maladie... Les acouphènes ne sont pas une maladie au sens propre du terme, mais un symptôme. Au départ, dans les acouphènes chroniques, ce symptôme n’a pas de connotation pathologique en soi. Toutefois, les acouphènes peuvent conduire à une pathologie lorsqu’ils commencent à dominer la perception et à ouvrir la porte à une série d’effets : insomnie, peur, dépression, repli sur soi. On parle alors d’acouphènes décompensés.
...ni le préambule d’une maladie. Les acouphènes aigus sont souvent associés à des troubles circulatoires. D’où l’importance de consulter rapidement un médecin. Mais pour ce qui est des acouphènes chroniques, il est certifié que ce ne sont pas des symptômes avant-coureurs d’un infarctus cardiaque ni d’une embolie cérébrale.
Rien à craindre côté tumeur au cerveau et artériosclérose. A la première manifestation d’acouphènes aigus ou à la première consultation pour un problème d’acouphènes chroniques, on peut s’interroger sur la possibilité d’une tumeur au cerveau.
Il est vrai qu’il existe une possibilité de tumeur du nerf acoustique (neurinôme de l’acoustique) dans les bourdonnements d’oreille unilatéraux. Mais ces tumeurs sont extrêmement rares ! Cette hypothèse peut être exclue par une mesure du nerf auditif (audiométrie brainstain) ou un IRM (procédé d’imagerie spécial).
Les acouphènes ne sont pas plus un indice d’artériosclérose.
Lésion de l’oreille interne : pas de solution chirurgicale.
Souvent, les acouphènes sont causés par une lésion des cellules ciliées de l’oreille interne. Ces lésions ne sont malheureusement pas opérables. Et les cellules ciliées endommagées ne se régénèrent pas.
Acouphènes avec et sans perte auditive Les acouphènes sont souvent liés à une perte de capacité auditive.
Ici, le problème concerne les fréquences aigües.
D’autre part, il existe beaucoup de cas d’acouphènes sans perte auditive. Les acouphènes n’annoncent pas une surdité.
Corriger une perte auditive ! Si une perte auditive est simultanément présente, les acouphènes peuvent être traités par l’adaptation d’une aide auditive. Aussi, une visite chez l’audioprothésiste est-elle vivement recommandée.
Ce spécialiste de l’audition vous donnera des conseils très utiles et il peut aussi vous dire si une combinaison aide auditive-TCI est indiquée pour vous. Pour en savoir plus, reportez-vous au chapitre « Instrument de contrôle des acouphènes ».
- Apprenez à vivre avec vos acouphènes dans vos activités quotidiennes, vos loisirs et le sport
Avec les acouphènes, vous pouvez faire tout ce que vous auriez fait sans eux. Organisez vos loisirs en fonction de vos besoins et de vos intérêts et essayez de vivre une vie bien remplie.
Ne vous retirez pas de la société !
Evitez les bruits extrêmes.
Si vous entendez mal, procurez-vous une aide auditive.
- Comment contribuer à améliorer votre état face aux acouphènes?
Evitez le silence.
Ouvrez les oreilles "vers l’extérieur".
Profitez des sons de votre environnement habituel.
En cas d’acouphènes décompensés, portez un TCI.
Si vous cherchez le contact avec vos semblables, pas de jérémiades !
Apprenez à vous détendre et à accepter la situation en toute connaissance de cause.
- Ne portez les bouchons de protection que dans les cas où ceux qui ne souffrent pas d’acouphènes en porteraient aussi
- Continuez à jouer d’un instrument si vous avez un don. Profitez-en. La musique ne fait pas de mal aux acouphènes et fait du bien à l’âme.
- Laissez-vous attirer par les sons qui vous stimulent et protégez-vous des bruits assourdissants.
Allez au concert, au cinéma, danser... pas de problème pour les acouphènes. Mais évitez les bruits trop forts.
- Allez dans l’eau, mais n’oubliez pas d’ôter vos TCI
Si vous voulez continuer à nager ou à plonger, amusez-vous ! Mais auparavant, il vous faudra non seulement ôter vos vêtements, mais aussi vos TCI, comme vous enlevez votre montre, vos lunettes, etc...
- Partez dans le vaste monde
Avec les acouphènes, vous pouvez voyager sans souci, même en jet. L’altitude et la vitesse n’ont absolument
aucune influence sur les acouphènes.
- Continuez à pratiquer des sports
Beaucoup de personnes concernées rapportent que l’intensité de leurs acouphènes avait augmenté après un effort physique. Mais vous savez maintenant que cette impression est subjective et n’est pas le signe d’une aggravation. De même, le vent dans les oreilles quand vous faites du vélo ne fait aucun mal. Toutes les activités qui enrichissent votre vie sont à recommander.
- Même s’il existe des régimes pour tout, il n’y en a pas pour les acouphènes
C’est bien dommage. Par contre, comme règle générale d’hygiène de vie, il est conseillé de boire de l’alcool
modérément et d’éviter la cigarette.